Et si on roulait à l’huile de friture ?

En ces temps de pénurie à la station service, n’est-il pas temps d’envisager de rouler autrement ? Réduire ses déplacements oui, mais faire tourner son moteur avec autre chose que du pétrole, pourquoi pas !

Mets de l’huile !

En France, plus de 170 millions de litres d’huiles alimentaires usagées sont produites chaque année. L’association « Roule ma frite », née en 2007, a eu l’idée de donner une seconde vie à l’huile de friture en la transformant en nouvelle source d’énergie. Présente dans plusieurs départements, « Roule ma frite » a collecté, en 2015, 49 000 litres d’huiles usagées auprès de restaurateurs, de cantines scolaires, de maisons de retraite, d’établissements publics et même de particuliers. Ces déchets polluants que sont les huiles de friture sont normalement soumis à un recyclage spécifique souvent peu respecté. « Roule ma frite » propose de les collecter, de les purifier, de les revaloriser et produit ainsi une huile recyclée à bas prix, dont la combustion est très peu polluante. C’est donc un déchet du quotidien qui aura suscité le génie de certains pour en faire un nouveau biocarburant (sous forme d’adjuvant diesel pour les véhicules) ainsi qu’un combustible pour chaudière (alternative au fioul pour le chauffage). Récemment, l’huile collectée s’est vue recyclée en cire pour les sports de glisse. Savons et détergents sont actuellement à l’étude. Ce projet, né d’une idée aussi simple que géniale, peut être soutenu via le moteur de recherche Lilo.

Rouler à l’huile, interdit ?

En France, de même qu’au Danemark, rouler à l’huile est interdit sauf pour les agriculteurs et les collectivités qui peuvent associer à leur diesel 30% d’huile modifiée. A de rares exceptions près (voitures électriques…), l’utilisation de la plus célèbre énergie fossile demeure la seule possibilité pour faire rouler nos voitures. L’huile végétale (colza, tournesol…) ou l’huile de friture recyclée sont dans les autres pays des sources d’énergie tolérées à condition que le véhicule avec lequel elles sont utilisées ait subi quelques adaptations. Dans le documentaire «Les huileux », Mathurin Peschet partage son expérience de la carburation végétale. Si le débat ne semble malheureusement pas encore lancé, l’idée de renoncer au pétrole prend aujourd’hui tout son sens. En effet, n’est-il pas temps d’entrevoir les déplacements sous une autre forme, de s’inscrire en faux contre les lobbys pétroliers, de faire évoluer la législation, d’amorcer enfin une vraie transition énergétique ?

En savoir plus :
Roule ma frite 66
Roule ma frite 17

1 Comment

  1. Pingback: BD La main verte : réapprendre à se nourrir dans un monde sans pétrole -

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *