Avant, je regardais la télé

télé TV petit écran paysage à travers un filtre

Avant, le petit écran trônait fièrement dans le salon. Allumé dès mon retour à la maison, il créait une présence, comblait l’espace de son doux ronron. Son seul son suffisait à poser une ambiance, à rendre mon intérieur plus familier. Ami fidèle, il rythmait mon quotidien. Le jingle du JT annonçait le début du dîner tandis que les annonces publicitaires me permettaient de satisfaire certaines de mes activités domestiques sans perdre le fil du programme. La configuration du salon avait été pensée pour faire converger sur lui toutes les attentions. Ce flot d’images incessant vidait mon cerveau des tracas de la journée, me laissant prendre pied dans une réalité où je n’étais pas impliquée directement. Sa séduction opérait même à distance quand son programme concurrençait des prévisions de soirées entre amis.

Et puis un jour, ma télé est tombée en panne…

Tout d’abord, j’étais perdue. Comme lorsqu’un animal de compagnie disparaît, le salon me semblait bien vide et désormais privé de cette atmosphère réconfortante. Une vive inquiétude s’est emparée de moi quand je me suis demandé de quoi seraient faites mes soirées. Après quelques jours de carence et l’impression d’avoir perdu certains repères, d’autres envies se sont substituées à cette habitude passive et conditionnée. J’ai commencé par redécouvrir l’envie de dîner et de me coucher plus tôt, la faim et le sommeil se faisant davantage sentir que lorsqu’ils étaient parasités par une déferlante d’images et de sollicitations en tout genre. Je retrouvais aussi l’envie de feuilleter les pages de ces livres qui servaient jusqu’ici juste à récolter la poussière, de reprendre le temps de discuter avec mes proches, de savourer le silence, de renouer avec des plaisirs tellement simples que je les avais oubliés, comme le spectacle du jour en train de décliner. Finies donc les heures perdues à visionner des histoires sordides traitées comme des contes de fées, les télé-réalités et leur pseudo interactivité, les documentaires à la B.O de thrillers pour entretenir le suspens et forcer l’adhésion des spectateurs. Je prenais peu à peu conscience de ce temps précieux qui m’avait manqué lorsque que j’étais accro au petit écran.

Maintenant, je me suis réapproprié ma vie et mes envies

Il n’y a pourtant pas que de mauvaises choses à la télé me direz-vous. Mais en tant que cinéphile, je n’y trouvais de toute façon plus mon compte. Les médiathèques répondent désormais à mes envies du moment, je visionne films et documentaires choisis selon mes goûts et mes envies, en fonction de mes dispositions d’esprit et non plus à des heures imposées. Certains abasourdis, me demandent si me passer de télé n’est pas une tare, persuadés que mes soirées sans elle sont forcément tristes ou trop studieuses à leurs yeux. Comment leur faire comprendre, tant qu’ils n’ont pas essayé, que c’est tout simplement la liberté retrouvée, ne serait-ce que par l’allongement de la journée, me permettant de vivre au rythme qui est le mien. C’est avec toujours un peu plus de joie que je me rends plus disponible envers moi-même chaque jour. Je me suis réapproprié mon espace mental et sensible, passant par la liberté de penser, de profiter, de choisir, d’expérimenter, de savourer, de prendre plaisir ; bref, de vivre une expérience unique, renouvelable à l’infini et dont l’espace est d’autant plus grand qu’il bannit la télé.

Et pour vous, la transition, c’est pour quand ?

2 Comments

  1. Anaïs - Alesfleurs ♥

    En partant de chez mes parents, la télé n’était pas du tout une priorité dans mes achats d’ameublement… Et ne l’a plus jamais été ! Cela fait maintenant quasi 7 ans que je vis sans télé (mais avec ordi hein…) et à part la regarder de temps en temps chez mes parents… Ai complètement décroché.
    & ça se ressent.. Je ne supporte plus les pubs, les émissions qui traînent en longueur, le contenu vide, etc.
    Très chouette article en tous cas 😀

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    1. Miss Go Green (Post author)

      Merci Anaïs ! En effet quand on est « désintoxiqué », impossible de revenir en arrière. Les rares fois où il m’arrive de la regarder (à l’hôtel par exemple), c’est une vraie agression et un rythme qui n’est plus du tout le mien.

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